Love, Louvre, louvoyer - Bulletin du 21 novembre
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Bulletin #155 de la semaine du 21 novembre

Bulletin 155 du 21 nov

Parce que penser une économie souhaitable est un engagement que nous partageons avec le Groupe Kéa dont nous faisons partie, nous sommes heureux de vous offrir chaque vendredi, un décodage inédit des grands sujets économiques & sociétaux avec un ton personnel et singulier.

Chères lectrices et chers lecteurs,

En cette semaine de neige, en flocon ou en ligne (même chez les bourgeois du centre-ville d’après notre PR), les associés de Kéa mettent le nez dans l’actualité et détaillent pour vous les faits suivants :

Amours secrètes en entreprise

 

Entre les Français et l’entreprise, c’est finalement une secrète histoire d’amour. Une nouvelle étude (et un nouvel anglicisme) vient enfin battre en brèche l’image de l’entreprise source, et victime, de désengagement (quiet quitting, great resignation…). Surprise : les Français éprouveraient plutôt un quiet loving. Oui, oui, 83 % disent adorer ou apprécier leur entreprise. Comme quoi, râler n’empêche pas d’aimer.

 

Le secret, ce serait… les autres ! Dans une société de plus en plus polarisée, c’est au boulot que le « vivre ensemble » résiste encore et toujours… parce que le travail, ce n’est pas que le travail. Ou même : le travail, c’est plus que du travail. Les Français choisissent une entreprise pour ses valeurs en accord avec leurs engagements (extraprofessionnels), mais sont fidèles… aux co-llè-gues (avé l’assent).

 

La cohésion sociale et la convivialité sont donc probablement les meilleurs atouts des entreprises pour recevoir des lettres d’amour plutôt que des démissions. (Au fait… Kéa, je t’aime. Rougissement cœur cœur rougissement)

LoUvre25!ù°0,;  

 

Notre ultra-dépendance aux géants américains du cloud nous plonge dans un état d’ultra-vulnérabilité numérique… C’est inquiétant, mais pas insurmontable.

 

Dans le jargon technologique, on les appelle les « hyperscalers » – ces fournisseurs de services cloud capables de gérer des infrastructures colossales – Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure ou Google Cloud pour ne pas les nommer.

 

Première caractéristique : le web – et donc le monde d’aujourd’hui – dépend désormais totalement d’eux. Une panne technique et nous sommes perdus.

Deuxième caractéristique : ils sont américains. Utilisés de manière agressive par, au hasard, un président aux humeurs excessives, leur pouvoir de nuisance est quasiment infini. Dernière exemple en date : des sanctions décidées par Donald Trump contre un juge indépendant de la Cour pénale internationale du jour au lendemain empêché, car privé d’accès à ses comptes Microsoft, réservations Expedia et de nombreux services bancaires…

 

Se rapproprier ces technologies et recouvrer notre souveraineté numérique, c’est pourtant possible, nous dit Gilles Babinet. Outre la Chine et la Russie, l’Inde y est pratiquement parvenue en quelques années ; le Brésil est en marche, et de nombreux pays enclenchent désormais de grands programmes de construction d’infrastructures souveraines (Japon, Corée, Arabie Saoudite, etc.). Il faut s’y mettre sérieusement.

 

Autre solution : on ne fait pas comme le Louvre, on ne met pas « Louvre » comme mot de passe du serveur de surveillance.

Confuciustainable 

 

Si la Chine est bien la championne des technologies bas carbone, c'est aussi par intérêt et cela ne doit pas masquer l’insuffisance de ses efforts climatiques. 

 

À la COP30 de Belém, la Chine finalise sa mue entamée en 2007 vers une civilisation écologique, prenant toute la place laissée par des États-Unis redevenus climatosceptiques. Ses engagements sont applaudis et le caractère totalitaire du régime oublié. 

 

L’Empire du Milieu a croqué le marché des technologies vertes : contrôle de 80 % du marché du photovoltaïque, division de son coût par 4 en 15 ans, leadership sur la production de batteries, de véhicules électriques, d’éoliennes. 

 

Bingo ! Une triplette de réussites économiques, géopolitiques et diplomatiques : nouveau moteur pour ses exportations, sortie de la dépendance au pétrole, création de monopoles et imposition de standard sur les énergies nouvelles, soft power renforcé…

 

Pourtant, ses efforts de décarbonation sont paradoxalement insuffisants, car en même temps qu’elle produit, déploie et exporte l’antidote, la Chine continue de consommer le poison : en 2024, elle a ouvert des centrales à charbon pour fournir l’équivalent de 2/3 de l’électricité française en 1 an. Et elle se donne 20 ans de plus pour atteindre des objectifs de neutralité.

 

Peu importe si le chat est vert ou gris, pourvu qu’il attrape la souris.

C’est pas moi m’sieur ! 

 

C’est le gouvernement, les riches, les réseaux sociaux, les boomers, les migrants, l’IA, Donald Trump…

 

Selon François Miquet-Marty, Président de l'institut de sondages Viavoice, notre société du XXIe siècle dilue la responsabilité individuelle : jamais l’individu n’a aussi peu porté la responsabilité de ses actions.

 

Paradoxalement, nous bénéficions d’une liberté maximale, dans un contexte d’hyper choix permanent et de parole libérée (et anonyme !). Une grande liberté, mais sans en payer le prix, à l’inverse de l’adage des philosophes (et de Spider-Man).

 

Pourtant, sans responsabilité pas de reconnaissance et pas d’estime de soi, et des épreuves de plus en plus inextricables. Les budgets ne sont plus à l’équilibre car « c’est comme ça depuis 50 ans », les engagements de trajectoire bas carbone ne sont pas tenus car « les autres ne font rien non plus », et l’on traverse les crises passivement, sans remise en question ni prime à la responsabilité.

 

79 % des Français estiment qu'il faudrait davantage responsabiliser les personnes pour leurs actes, que ce soit par des récompenses ou des sanctions. Remettons donc la responsabilité individuelle au cœur du village – et de l’entreprise – pour sortir des épreuves par le haut.  No individual pain, no collective gain. 

Jeté de D

 

Dé-classement, Dé-possession, Dé-gagisme, Dé-clinisme. Dessinée par l’enquête Fractures Françaises, cette vision de la France en 4D ne fait pas rêver.

L’ingrédient secret pour redonner des couleurs à notre moral serait la cohésion sociale, dont l’entreprise reste l’un des vecteurs majeurs.

 

Décryptons. Déclassement : plus de 2 Français sur 3 considèrent qu’« ils ne reçoivent pas le respect qu’ils méritent ». Dépossession : 75 % estiment qu’« en France, c’était mieux avant ». Dégagisme : deux tiers des Français déclarent que « la plupart des hommes et des femmes politiques sont corrompus ». Et pour finir, le fameux sentiment de déclin français partagé par 90 % de nos compatriotes, qui le jugent toutefois réversible pour 2/3 d’entre eux. Ddddddur quand même.

 

Au cœur de ce dé-faitisme, la « culture de la défiance » française. Défiance envers les autres surtout selon l’économiste Yann Algan (seuls 21 % des Français estiment qu’on peut faire confiance à la plupart des gens, chiffre le plus bas depuis 2016), défiance envers le futur ensuite. Il s’agit donc d’abord de retisser les liens entre nous, car c’est par la proximité et le « vivre ensemble » qu’on renoue avec la confiance. Et c’est là que l’entreprise entre en piste. Et ça tombe bien, elle suscite un véritable amour secret (cf votre premier article).

 

Pour tout comprendre sur l’importance de la cohésion sociale et le rôle clef de l’entreprise, visionnez notre webinaire, 3e webinaire de notre série Kéa x COP30.

Les associés de Kéa

Vous appréciez ce bulletin ? N'hésitez pas à le partager autour de vous.

LIEN D'INSCRIPTION

N°155 du 21.11.2025

Rédactrice en chef : Sophie Combes, Chloé Secnazi

Rédacteurs : Yoram Bosc-Haddad, Jean Gaboriau, Pierre Girard, Jérémie Viel, Mathieu Noguès, Wendy Röltgen

Secrétaire de rédaction : Irène Miquel

 

Ont collaboré à ce numéro :

Oualid Essaid, Marie Guilbart, Stéphanie Nadjarian,

Yves Pizay, Paul Puechbroussou, Romain Thievenaz

Directrice de la diffusion : Iliana Ohleyer

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Kéa, 3 rue Danton, Paris, France 92240, Malakoff

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