Blues, rock, métal - Bulletin du 14 novembre
Afficher dans le navigateur

Bulletin #154 de la semaine du 14 novembre

Bulletin 154 du 14 nov

Parce que penser une économie souhaitable est un engagement que nous partageons avec le Groupe Kéa dont nous faisons partie, nous sommes heureux de vous offrir chaque vendredi, un décodage inédit des grands sujets économiques & sociétaux avec un ton personnel et singulier.

Chères lectrices et chers lecteurs,

En cette semaine de commémoration du 13 novembre, les associés de Kéa fluctuat-nec-mergiturent. Et vous décryptent les faits suivants :

Quand on arrive en ville…

 

La COP30 s’est ouverte ce lundi à Belem, et alors que les engagements des États nous emmènent au-delà des +2 °C, c’est du côté des grandes villes et des régions, notamment européennes, qu’il y a de quoi se réjouir.  

 

Les données du C40 Cities et de la Convention mondiale des maires révèlent que 70 % des villes membres ont des objectifs climatiques plus ambitieux que leurs États, et que 50 % les atteignent plus vite. Ce qui est vrai pour l’atténuation du changement climatique l’est aussi pour l’adaptation. 

 

Des îlots de fraîcheur de Paris aux quartiers résilients au changement climatique de Barcelone, les bénéfices concrets de la transition pour les habitants renforcent leur engagement. Moins soumises aux pressions politiques, plus proches des épisodes climatiques et obtenant des résultats plus tangibles, les villes et régions sont les laboratoires de la transition… Aux États maintenant de renforcer le financement de leurs actions et de s’en inspirer. 

 

Et pour les entreprises ? Même constat : l’action locale, voire individuelle, vise souvent bien au-delà des ambitions du siège.

 

Et pour éviter le blues du businessman, regardez donc le superbe documentaire Éclaireurs, dont Kéa et MySezame sont partenaires aux côtés de l’ADEME, à retrouver ici.

Sex-licon Valley

 

Nous entrons dans une nouvelle ère du rapport à la technologie, celle des IA compagnons.

 

Vous aimiez ChatGPT ? Vous allez a-do-rer Ani. Pour combler son retard IA sur ses concurrents, Elon Musk s’affranchit de la réglementation et mise sur le sexe. Il exhibe son nouveau joujou Ani, l’un des deux chatbots érotiques de son entreprise xAI – qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Augmentée de possibilités vidéoludiques et inspirée des mangas, Ani se dévoile et embrase l’utilisateur à mesure qu’il passe des niveaux.

 

De tabou en tabou, d’autres startup IA mettent sur le marché des « deathbots » qui permettent de préserver les voix et les histoires des défunts pour converser avec eux.

 

L’imagination est sans limite, mais les risques aussi. L’intimité renforce l’emprise. Des réseaux sociaux, nous sommes passés aux médias sociaux et désormais aux chatbots qui n’ont plus rien de social. Au fur et à mesure, la sphère se rétrécit. Nous entrons de manière précoce et sans législation dans une 3e phase d’IA agentique, bien plus dangereuse encore que les précédentes.

 

Et si vous ne souhaitez pas voir vos IPhone devenir trop tactiles, sortez-les couverts !

O Captain! My Captain!

 

La morosité monte à la tête. Car si l’ensemble des couches de la société est touché par des problèmes de santé mentale, l’entreprise et les dirigeants ne sont pas épargnés.

 

Selon la dernière enquête de Santé Publique France, un Français sur six a souffert de dépression en 2024. Les jeunes adultes, les femmes et les personnes au chômage sont les plus concernés. Côtés dirigeants, une étude de Bpifrance révèle qu’un dirigeant de TPE-PME sur trois est en mauvaise santé mentale ; 82 % d’entre eux disent souffrir de troubles physiques ou psychologiques. Plus que quelques jours d’absence, ce sont des mois de décisions altérées qui se jouent.

 

Quel est le coupable de cette montée globale des problématiques de santé mentale ? Le professeur Raphaël Gaillard, psychiatre et chef de pôle à Sainte-Anne, désigne l’incertitude de l’époque. Il rappelle pour l’exemple une expérience sur les souris qui, stressées tous les jours à la même heure, restaient en bonne santé mentale, mais quand l’heure et l’action déclencheuses du stress devenaient aléatoires, développaient des formes de dépression.

 

Chers dirigeants, que faire ? À l’image des souris, commençons déjà par maintenir les codirs tous les lundis à la même heure.

Le XV de Chine

 

Et si la guerre de puissance entre les USA et la Chine était déjà pliée ?

 

Le XVe Plan annoncé la semaine dernière renforce le développement technologique et militaire chinois déjà en cours. Le Grand Continent présente une synthèse en 10 points qui nous rappelle Lao Tseu : « Le plus grand conquérant est celui qui sait vaincre sans bataille ».

 

La Chine a installé plus de panneaux solaires en un an que le parc américain entier. Elle force ses entreprises à utiliser cette énergie, et robotise son industrie 4 fois plus vite que l’Europe et 9 fois plus vite que les États-Unis.

 

Son hégémonie sur les terres rares lui fournit une arme redoutable. La Chine tient les chaînes de valeur mondiales – 156 des principaux fournisseurs d’Apple sont chinois – et elle continue de battre des records d’exportation vers les États-Unis. Ces derniers ont perdu leur première place dans la R&D des technologies critiques : la Chine l’emporte dans 57 domaines sur 64, et en 2024, elle a publié plus de travaux universitaires sur l’IA qu’Européens, Britanniques et Américains réunis. Elle dispose désormais de la première flotte militaire mondiale et aura déployé en 2030 plus de missiles nucléaires que les Américains.

 

Avec des Xi, on mettrait les US en bouteille.

Mon point dans ton déclinisme

 

Les discours déclinistes sur l’état du pays sont simplistes et contreproductifs. Dans son nouvel ouvrage Au-delà des apparences, Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos, et ses co-auteurs évoquent la déformation de la perception de l’état réel du pays, qui mérite plus de nuances. 

 

Non, le Français n’est pas paresseux : pour preuve, le concept de quiet quitting a fait pschitt. Mais il est préoccupé par l’inefficacité des process et la faiblesse des modèles de formation. Si, le Français a toujours un désir d’enfants, mais rencontre de plus en plus de freins financiers et organisationnels (crèches…). Non, il n’y a pas d’explosion de la violence (statistiques à l’appui), mais l’avènement d’une extrême violence venant d’un petit segment des jeunes, parfois entre eux, ce qui est inédit.

 

Des discours stéréotypés, approximatifs, unilatéraux et répétitifs, qui ne sont pas sans conséquences : 87 % des Français croient au déclin plus ou moins irréversible du pays, avec des impacts plus ou moins graves sur leur vie sociale, leur santé mentale, leur capacité à imaginer le futur...

 

Alors, médias, journalistes, hommes politiques, collègues de la machine à café, watch out : l’optimisme est un sport de combat. Et de précision. Yeehaa.

Les associés de Kéa

Vous appréciez ce bulletin ? N'hésitez pas à le partager autour de vous.

LIEN D'INSCRIPTION

N°153 du 14.11.2025

Rédacteurs en chef : Sophie Combes, Mathieu Noguès

Rédacteurs : Jean Gaboriau, Pierre Girard, Chloé Secnazi, Romain Thievenaz, Jérémie Viel

 

Secrétaires de rédaction : Irène Miquel, Wendy Röltgen

 

Ont collaboré à ce numéro :

Yoram Bosc-Haddad, Oualid Essaid, Marie Guilbart, Stéphanie Nadjarian,

Yves Pizay, Paul Puechbroussou

Directrice de la diffusion : Iliana Ohleyer

LOGO_KEA_NOIR_RVB
Site web
LinkedIn
Instagram
YouTube

Kéa, 3 rue Danton, Paris, France 92240, Malakoff

Se désabonner Gérer les préférences