En tant qu'Entreprise à mission, Kéa a décidé de contribuer à sa manière aux grands sujets économiques & sociétaux et propose un décodage inédit.
En cette semaine où Donald Trump a décidé d’envahir le Venezuela, le Vuvuzela, le Ven is whale-uh, les associés de Kéa articulent distinctement le décryptage des faits suivants :
Non, chère France, ce qui te manque, c’est de t’en souvenir. Et que ça te remonte un peu le moral et te donne de l’espoir pour aller plus haut, plus loin, plus fort.
Chère France, regarde plutôt cette petite vidéo de vœux que nous t’avons concoctée.
Happy Green Year
Commençons l’année avec 2 bonnes nouvelles écologiques, et ce n’est pas si fréquent !La revue Science décerne le titre de « rupture scientifique » 2025 aux énergies renouvelables pour leur démultiplication sans précédent, et le découplage PIB/CO2 devient petit à petit la norme.
Rendez-vous compte : il se déploie 2 fois plus de panneaux solaires dans le monde en 24 heures aujourd’hui que ce qui fut installé sur toute l’année 2004. En 2025, les EnR ont dépassé le charbon en production d’électricité. En majeure partie grâce à la Chine, mais les pays en développement (Pakistan, Afrique du Sud, Éthiopie…) sont aussi pied au plancher pour remplacer les énergies fossiles par du renouvelable. Ce phénomène contribue à ce qui constituait jusque-là une chimère : le découplage PIB/CO2.
Globalement, les émissions continuent de croître, mais à un rythme de plus en plus lent : 46 % du PIB mondial a opéré un découplage absolu (le PIB augmente mais les émissions baissent), et 46 % également un découplage relatif (le PIB augmente plus vite que les émissions). C’est très encourageant, même si on sait qu’on n’est pas encore sur la trajectoire des 1,5 ou même 2 degrés de réchauffement.
Quand on pense que certains misent encore tout sur le pétrole (des autres).
Chut GPT
Lorsqu’il s’agit de l’impact de l’IA sur la santé mentale de ses ouailles, la Chine ne rigole pas.
Est-ce parce que le suicide d’un adolescent poussé – et aidé – par ChatGPT en avril dernier avait fait grand bruit, ou plus prosaïquement pour se doter d’un outil supplémentaire de contrôle et de censure ? Toujours est-il que l’administration chinoise du cyberespace (oui oui) a instauré une série de règles particulièrement contraignantes pour encadrer les chatbots.
De manière non exhaustive : interdiction de toute incitation à des comportements violents ; alerte automatique d’un proche en cas de discussion sur le suicide ; programmation de rappels lorsque l’usage dépasse deux heures consécutives ; audit annuel de sécurité pour toutes les plateformes dépassant le million d’utilisateurs…
Ce faisant, la Chine devient le pays le plus sévère au mondeen matière de contrôle de l’IA – ce qui ne semble pas alerter outre mesure le régime sur l’effet potentiel sur le développement de l’innovation dans ce secteur. Food for thought pour ceux qui critiquent vertement la proposition d’Emmanuel Macron de réguler plus fortement l’utilisation des réseaux et des news sur internet ?
[Ton questionnement est très pertinent. Veux-tu que je t’aide à le reformuler de manière non passive-agressive ?]
Space Invaders
L’espace, ce nouvel horizon de délocalisation des data centers pour les géants de la tech ?
Face à une demande croissante d’énergie pour les alimenter – ceux dédiés à l’IA deviendraient les premiers consommateurs d’électricité aux États-Unis dès 2035 –, la promesse du recours à l’énergie solaire permanente et illimitée de l’espace semble une aubaine. Cette solution permettrait également de s’affranchir des contraintes de refroidissement et de minimiser l’empreinte terrestre (débris spatiaux ? Connais pas.).
En plus de cette solution, les Chinois réfléchissent aussi à des data centers sous-marins, refroidis par eau de mer et alimentés par éolien offshore. Car bien qu’il soit expliqué que les data centers dans l’espace permettraient la réduction de 90 % des émissions d’usage ainsi que des coûts énergétiques 10 fois moindre, on préférera attendre l’analyse complète du cycle de vie pour qualifier cette solution d’écolo (envoi du satellite en orbite, durée de vie limitée…).
Et pourquoi ne pas s’implanter, sans épuiser les ressources locales, dans un pays avec un excédent de production électrique bas carbone comme… la France ?
Vers Juvisy et au-delààààà !
Jungle Fever
2025 confirme la fin de l’ordre mondial post Seconde Guerre mondiale, et les événements de cette semaine entérinent définitivement les ingrédients du nouveau. Récapitulons, avec Valérie Rosoux, professeure et géopolitiste à l’université de Louvain.
1/ L’heure est aux leaders démiurges qui ont abandonné le terrain des négociations au profit d’initiatives unilatérales, versatiles et brutales, au gré des intérêts du moment. L’ « égo-ciation ».
2/ La confusion entre pouvoirs économique et politique est totale, et même ostentatoire (les bitcoins, les liens familiaux liés à l’immobilier, un Venezuela réduit à un champ de pétrole…).
3/ Le colonialisme renaît avec les empires : le Grand Israël, la doctrine « Donroe », la Sainte Russie, la Grande Chine.
4/ Les étudiants en droit international peuvent plier bagage et les droits humains ne sont même plus évoqués : ni la souveraineté des Ukrainiens ou des Taïwanais, ni bien sûr celle des 57 000 Groenlandais.
Bref, dans notre langage à nous, ça s’appelle… la « loi de la jungle ». Et d’ailleurs, des vidéos de MAGA sur les réseaux tournent en boucle pour s’en revendiquer.
Quel espoir ? Pas un espoir candide, du « ah mais non, ils n’iront jamais jusqu’au Groenland », plutôt celui d’un Václav Havel qui disait que « L’espoir n’est pas la conviction que tout va bien se passer, mais la certitude que les combats menés ont du sens ».
Les associés de Kéa
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