Investissements, rooftop, innovation - Bulletin du 13 février ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­    ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏  ͏ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­ ­  
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#165

Semaine du 13 février

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Bulletin de L'économie souhaitable

En tant qu'Entreprise à mission, Kéa a décidé de contribuer à sa manière aux grands sujets économiques & sociétaux et propose un décodage inédit.

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Mr_Bolt-gauche

Chères lectrices, chers lecteurs,
En cette semaine de médaille d’or en patinage, les associés de Kéa ne raccrochent pas les patins, enfilent leur justaucorps à paillettes et décryptent les faits suivants :

Old is Gold

Pouvoir politique + pouvoir financier, nos seniors vivent-ils LEUR meilleure vie ?

Selon le Conseil d’Orientation des Retraites : oui. En 2024 et 2025, les retraités disposaient en moyenne d’un niveau de vie équivalent à 101 % du reste de la population (contre 90 % au plus haut en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux États-Unis). Et le départ à la retraite est associé à une légère baisse de la pauvreté, en particulier pour les inactifs et les chômeurs.

Des chiffres à modérer cependant puisqu’ils dépendent directement du niveau d’inflation et de l’indice de revalorisation des pensions décidé chaque année par le gouvernement. 2024 et 2025 ont été de ce point de vue favorables aux retraités…

C’est finalement à d’autres égards que old pourrait être the new cool. En France, entre 2012 et 2017, 12 % des nouveaux retraités ont rapidement déménagé vers des territoires moins denses et productifs mais plus agréables (littoral, nature et paysages). Avec un effet kiss cool de taille pour ces territoires : recettes fiscales en hausse (+7 % pour une hausse de 1 % de cette population), plus d’emplois (+2,7 % dans les services), une démographie plus robuste (+2,2 %) compte tenu des opportunités professionnelles ainsi ouvertes.

On ne sait plus qui doit remercier qui.

 
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Intelligence A... stronomique

Les montants de dépenses en IA aux États-Unis dépassent l’entendement : jamais dans l’histoire il n’y a eu de tels investissements pour une technologie, voire de tels investissements tout courts !

Rappelons les chiffres. Meta, Amazon, Microsoft et Alphabet ont investi 670 milliards de dollars sur le sujet, rien qu’en 2026. Les dépenses ont été multipliées par 3 en 3 ans, représentent ¼ du chiffre d’affaires total de ces sociétés et… 2,1 % du PIB américain !!!

Ces montants dépassent déjà ce que les États-Unis ont investi pour le chemin de fer (2 % de CapEx/PIB par an), les autoroutes (0,4 %) ou le programme Apollo (0,3 %). Seul l’achat de la Louisiane à Napoléon en 1803 a fait mieux (3 %) – pas tout à fait une technologie ! À horizon 2030, les dépenses en IA pourraient s’élever à plus de 10 % pour la filière dans son ensemble. (Et encore on n’a pas compté dedans l’achat du Groenland 😊).

Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Échos, pointe trois goulets. L’argent : le risque de bulle évidemment. Les puces : le risque d’arbitrer en faveur de l’IA contre le reste, en particulier les ordinateurs, les automobiles, etc. Et enfin l’électricité, car il en faut beaucoup, vite, verte ou pas, et donc les prix vont monter. 

Gros argent… gros problème.

 
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Déni-aisé

Quel parallèle entre la Russie d’aujourd’hui et l’Allemagne des années 30 ? Selon l’historien Stéphane Audouin-Rouzeau, la Russie a le même appétit de revanche nourri par un ego blessé d’une guerre froide perdue contre l’Occident − que l’Allemagne en 18. Elle est guerrière et les esprits européens ne veulent pas le voir, malgré l’évidence.

La guerre est perdue par l’Ukraine qui ne récupèrera pas 20 % de son territoire. Elle est perdue par la Russie qui n’a atteint aucun de ses objectifs, et payé un prix démesuré. À son déni répond le nôtre. Les guerres mondiales n’ont fait qu’aviver notre désir d’une paix perpétuelle, aujourd’hui comme dans les années 30, bercée par « le doux commerce ». C’est bien le motif de la construction européenne, de notre soutien longtemps insuffisant à l’Ukraine, et de cette résurgence des pacifismes. Cette semaine, un grand syndicat de Renault refuse de construire des drones, le RN s’oppose aux crédits européens à l’Ukraine.

Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien…

 
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Un Futur underground

L’avenir des villes pourrait bien se jouer sous nos pieds. Après nous être étalés horizontalement puis élevés toujours plus haut (jusqu’aux 828 mètres du Burj Khalifa à Dubaï), c’est vers le bas que nous pourrions regarder dans les prochaines années.

Descendons la liste des limites : raréfaction du foncier en centre-ville, objectif de zéro artificialisation nette des sols, contraintes de coûts et plafonds de hauteur de plus en plus stricts. Les sous-sols présentent de nombreux atouts pour y répondre : nouveaux espaces, optimisation du foncier, « îlots de fraîcheur »… de quoi planter une graine ? Si les usages sont déjà nombreux en France (parkings réhabilités ou métro par exemple) et même étendus dans d’autres pays qui combattent le froid avec de véritables espaces urbains souterrains, le défi semble culturel chez nous. Descendre d’un étage évoque encore l’ombre, l’humidité, l’angoisse et les contraintes géotechniques. Mais creuser n’a jamais effrayé le génie français : la pyramide inversée du Louvre en est la preuve lumineuse.

Paris 2050… boire un verre en roots-top : mainstream !

 
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Il y a un monstre sous mon IA

La peur de l’IA à court terme nous aveuglerait-elle sur le cataclysme annoncé à long terme ? Ce phénomène a un nom : la loi d’Amara. On surestime toujours l’impact d’une innovation à court terme et on le sous-estime à long terme.

On croit perdre le contrôle sur la technologie avec Moltbook (un réseau social où les IA discutent entre elles), puis on apprend que le site est alimenté par des humains. On pense perdre son emploi à cause de l’IA, puis une étude montre que les géants de la tech et certaines entreprises abusent de cette excuse pour justifier des licenciements.

C’est pourtant bien à long terme que le monstre devrait nous effrayer. Un article de la revue Noēma analyse ainsi les risques beaucoup plus profonds que fait peser l’IA sur notre société. Alors que les richesses vont se concentrer à l’extrême dans les mains de ceux qui détiennent les technologies, une opposition sociale virulente pourrait émerger, menant à la révolte, voire à la révolution.

Le directeur général de BlackRock, Larry Fink, propose de mettre en place des mécanismes pour étendre la richesse à toutes les parties prenantes, évoquant un stakeholder capitalism, à revers de notre dernière ère économique. Si BlackRock se met à la valeur plurielle, peut-être le conte de fée n’est-il pas si loin… 

Retournons donc dormir… sur une oreille.

 
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N°165 du 13.02.2026

Rédactrice en chef : Sophie Combes
Rédacteurs : Jean Gaboriau, Pierre Girard, Mathieu Noguès, Chloé Secnazi, Romain Thievenaz
Secrétaires de rédaction :  Irène Miquel, Wendy Röltgen
Ont collaboré à ce numéro : Yoram Bosc-Haddad, Oualid Essaid, Marie Guilbart, Carine Lesigne, Hugues Ménard, Yves Pizay, Paul Puechbroussou, Jérémie Viel
Directrice de la diffusion : Iliana Ohleyer

Kéa
Kéa,  3 rue Danton,  France  92240,  France,  Malakoff
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