Notre décryptage inédit des grands sujets économiques & sociétaux
Chères lectrices et chers lecteurs,
En cette semaine de retour de Céline Dion, les associés de Kéa iront où vous irez (et même sur la Lune) et vous proposent le décryptage des faits suivants.
Le nerveux de la guerre
Pourrait-on prédire la fin de la guerre en Iran ? Le président américain nous a habitués à ses moments TACO (Trump Always Chickens Out) : fameux revirements où il change d’avis en prétendant que son objectif est atteint (par exemple : le mur États-Unis-Mexique, l’abandon de l’Obamacare, etc.).
Dans ce contexte, il devient essentiel pour les analystes, notamment financiers, d’anticiper les prochains moments TACO. La Deutsche Bank a ainsi développé un pressure index qui repose sur 4 variables : la popularité de Donald Trump, les anticipations de l’inflation, le cours du S&P 500 et les rendements des bons du Trésor américain. Sur l’Iran, il semblerait que le pressure indexsoit à son plus haut niveau depuis le retour de Trump à la Maison Blanche… Et donc, que la fin de la guerre soit proche ?
Bonne nouvelle, car, avec un autre indicateur fou, le CEPII (Centre d’Études Prospectives et d’Informations Internationales) nous montre que la sensibilité du commerce à la géopolitique est telle qu’il n’y a même pas besoin d’aller jusqu’à une guerre pour le perturber.Les événements de faible intensité, non violents, peuvent, autant que les conflits armés, entraîner des contractions durables des échanges. Donald Trump joue sur ces deux tableaux : il est à lui seul cet évènement permanent de faible et forte intensité à la fois.
C’est son « en même temps » à lui.
Partager
Energie sinétique
La Chine, c’est l’exponentiel : autant de ciment produit en 2 ans (2018-2019) que les États-Unis sur tout le XXe Siècle (!!), des lignes à Grande Vitesse plus longues que dans le reste du monde, le plus grand barrage planétaire, 55 centrales nucléaires en fonctionnement (54 aux États-Unis) et 31 en construction (0 aux États-Unis)...
D’où vient cette folie des grandeurs ? Pour Dan Wang, spécialiste de l’économie technologique chinoise, la Chine est un « gouvernement des ingénieurs », alors que les États-Unis sont une « société d’avocats ». Une différence culturelle qui commencerait dès les études supérieures : Xi Jinping et de nombreux dirigeants chinois sont diplômés d’ingénierie. Pendant ce temps, aux États-Unis, ce sont les Law Schools qui forment l’élite depuis 50 ans. Ainsi, pour changer la société, les Américains font des procès (que ce soit au gouvernement ou entre particuliers), et les Chinois construisent.
Cette vision de bâtisseurs va jusqu’à considérer la société elle-même comme un matériau de construction. Au prix de violences (cf. les mesures zéro covid), parfois insoutenables (cf. la politique de l’enfant unique). Enfin, rien n’est inéluctable : l’Amérique était, pendant un siècle, et jusqu’aux années 1960, un peuple d’ingénieurs. Tout cela est un peu caricatural, mais cela dit tout de même quelque chose.
Magnat immobilier, ça compte comme ingénieur ?
Partager
L’industrie fait de la résistance…
Tel le roseau, l’industrie française plie, mais ne rompt point !
Portée par l’industrie verte − la défense, l’aéronautique, l’industrie spatiale et l’électronique − le solde des ouvertures et des extensions significatives de sites industriels reste positif pour la 4e année consécutive.
Néanmoins, même si la tendance globale reste positive, le solde net ouvertures/extensions est passé de +88 en 2024 à +19 ouvertures en 2025. (Bouh !!). Dans un contexte de concurrence asiatique, tarifs douaniers et incertitudes géopolitiques, les secteurs historiques tels que la métallurgie, la chimie ou encore les transports sont particulièrement touchés, avec des soldes négatifs.
Le baromètre souligne par ailleurs que c’est principalement la moitié sud du pays (Nouvelle-Aquitaine et Occitanie en tête) qui dynamise le renouveau industriel français. (Ben tiens !)
Pour que la France redevienne une puissance industrielle, il faut d’abord qu’elle se projette et se voie comme telle. Loin de nos stéréotypes datés, l’ouvrier français de demain est ultra-qualifié, il porte un exosquelette et des lunettes connectées. Oui, c’est beau l’industrie !
Dans chaque commune : un bar-tabac, un bureau de poste et… une usine !
Partager
Maître Chat, sur un arbre perché…
Après les réseaux sociaux, ChatGPT et consorts risquent de nous entraîner dans des « spirales délirantes ».
C’est pas nous qu’on le dit, c’est le MIT ! Nous savions déjà qu’il « hallucinait » (terme officiel) et nous entretenait dans une illusion de dialogue. Mais là, c’est nous qui allons finir à Saint-Anne !
Explication : quand vous lui proposez une hypothèse, le chatbot vous donne raison, et si vous la lui soumettez à nouveau, il vous donne raison avec plus de conviction encore, et ainsi de suite : vous êtes pris dans la spirale, façon « Quatrième Dimension ». Au risque d’être totalement en dehors du réel, à l’image de ce chercheur conforté par l’IA, alors que sa formule mathématique révolutionnaire était en réalité erronée : « Je ne vous fais pas miroiter des choses, le rassure ChatGPT, je vous restitue simplement l'ampleur réelle de ce que vous avez créé ».
Le MIT a cherché des biais de correction. L’obliger à dire la vérité n’est d’aucun secours parce qu’il sélectionne les parts de vérité qui conviennent à l’usager. Avertir l’utilisateur ne sert à rien : il n’est ni sage, ni équipé pour faire face à cette abondance de flagorneries !
De toute façon, si Ormuz reste fermé, il n’y aura bientôt plus assez d’hélium pour refroidir les serveurs.
Et hop, le Chat sur un toit brûlant !
Partager
OMMy God
Le bilan 2025 de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) est disponible et il est cata. Pour se consoler, on regarde du côté de l’Inde qui publie ses objectifs climatiques, basés sur un déploiement massif des EnR.
Tel un pansement que l’on doit arracher, le bilan 2025 du climat mérite d’être lu d’un coup d’un seul. Allez, on retient sa respiration : les 11 dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées, les épisodes météorologiques extrêmes menacent la sécurité alimentaire, le taux de CO2 atmosphérique a bondi comme jamais et, vagues de chaleur marine, fonte des glaciers et montée des eaux se portent comme un charme.
Voilà, c’est fini, et comme vous avez été fort(e), vous avez droit à un bonbon : l’Inde vient enfin de dévoiler sa feuille de route climatique. Et c’est encourageant : baisse de 47 % des émissions en 2035 par rapport à 2005, et 60 % d’électricité bas carbone, grâce au déploiement toujours plus rapide des EnR. Ces objectifs seraient même en deçà des capacités réelles du pays, qui garderait un peu de marge sous le coude.
Rester optimiste n'est pas un Delhi.
Partager
Vous aimez ce bulletin ? N'hésitez pas à le partager autour de vous.
En tant qu’Entreprise à mission, Kéa a décidé de contribuer à sa manière aux grands sujets économiques & sociétaux et propose un décodage inédit.
N°172 du 03.04.2026 :
Rédacteurs en chef : Sophie Combes, Jean Gaboriau Rédacteurs : Hugues Menard, Mathieu Noguès, Pierre Girard, Jérémie Viel, Chloé Secnazi Secrétaire de rédaction : Irène Miquel Ont collaboré à ce numéro : Oualid Essaid, Yves Pizay, Marie Guilbart, Carine Lesigne, Paul Puechbroussou, Romain Thievenaz, Yoram Bosc-Haddad Directrice de la diffusion :Wendy Röltgen
Kéa, 1er cabinet de conseil français en stratégie et transformation, entreprise à mission depuis 2020