Notre décryptage inédit des grands sujets économiques & sociétaux
Chères lectrices et chers lecteurs,
En cette semaine de romance entre Jordan et la Princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, les associés de Kéa, qui ont toujours cru aux contes de fées, vous content les faits suivants.
Chers amis
Vous faites mon bonheur ! C’est le Ipsos Happiness Index qui le confirme et souligne que le sentiment de bonheur s’améliore en France depuis deux ans. Collectivement, nous sommes 75 % de Français heu-reux, plus heureux même qu’en Italie (privée de Coupe du Monde, encore), qu’en Allemagne (les kartoffeln, mais pas la patate), qu’au Royaume-Uni (2e effet kiss cool du Brexit) ou aux États-Unis (en 5 lettres…). La Finlande, championne du genre, n’a pas été consultée.
Incompréhensible ?! Ou est-ce parce qu’il n’y a rien que le Français aime autant que se plaindre et qu’en ce moment, le Français est gâté ?
Quelles raisons alors, à ce bonheur français retrouvé ? Parmi les critères proposés aux 20 pays répondants, le sentiment d’être aimé arrive en tête. Sauf en France qui le classe seulement en deuxième position (who needs love quand on a Le Baguette) … L’argent ? Ne fait pas le bonheur, c’est bien connu. Le travail ? On ne s’en souvient plus, le questionnaire a été soumis entre Noël et le 9 janvier. Pour les Français, ce sont les liens, familiaux ou amicaux, qui comptent le plus.
Alors voilà, on ne se connaît pas encore hyper bien, mais on vous fait des bisous.
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La croisière s’Ormuze pas trop trop
Et surtout pas en Asie. Le continent est au cœur des conséquences de la guerre d’Iran, et beaucoup plus affectée que le reste du monde.
Même si la guerre s’arrête demain, les effets de la fermeture du détroit et l’ampleur des destructions d’infrastructures vont prolonger pendant des années les conséquences économiques pour le continent. En effet, l’impact sur la logistique et le tourisme est durable, et plus encore sur la production d’engrais et de semi-conducteurs (Ormuz est la grande voie de l’ammoniaque et de l’hélium), sans parler des finances publiques et du coût de l’énergie.
L’impact est inégal selon les pays : il est majeur pour l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh, où des émeutes ont déjà éclaté.
Pendant ce temps, la Chine tire son épingle du jeu. Les experts s’accordent sur un long affaiblissement de la capacité de dissuasion étatsunienne en Asie-Pacifique (missiles et régiments épuisés !). Face à l’aventurisme américain, la Chine réaffirme son rôle stabilisateur et consolide son soft power.
La seule bonne nouvelle est que la guerre va inévitablement accélérer la transition durable de l’Asie, au moment où elle en devenait un hot spot.
« Qui sème le vent récolte la tempête », écrivait Nizami, un poète… persan (!) du XII° siècle.
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Les Richesses des Nations
La richesse d’une nation ne fait pas le bien-être de son peuple, la comparaison USA-Europe est sans appel.
Les États-Unis sont (bien) plus riches que l’Union européenne : leur PIB/habitant est 50 % plus élevé. Et pour cause : un effort de R&D conséquent (3,5 % du PIB en investissements vs 2,2 % en Europe) et qui génère plus de productivité, une démographie plus dynamique (1,67 enfant/femme vs 1,46), un temps de travail annuel plus élevé (+15 %) et une énergie 3 fois moins chère.
Échec mais pas mat. Aux États-Unis, l'espérance de vie, déjà inférieure (de 5 ans), recule ; le taux d’homicides est 6 fois plus élevé ; la proportion de personnes incarcérées est 5 fois plus importante. Ok, on est quand même beaucoup mieux en Europe !
Mais jusqu’à quand ? Les valeurs et le modèle social, c’est bien, mais il faut avoir les moyens de se les offrir, ma bonne dame ! L’économiste Antonin Bergeaud le souligne : nous sommes à un moment crucial où nous devons réinvestir dans notre création de richesse.
Rappelons-nous ce grand philosophe, Calogero, qui disait : « qu’on est riche que de ses amis » (voir plus haut). Oui, mais non.
Nous, on veut le beurre, l’argent du beurre et les valeurs du beurre.
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T’es d’la haute toi ?
L’abolition des privilèges et l’égalité des chances ne seraient-elles que des vœux pieux ? Même quand tout change, rien ne change ! Et aucun système politique, aucune révolution, même les plus rudes, ne réussit pas à inverser la donne durablement.
C’est le dur constat de Stéphane Benveniste, économiste, dans la dernière édition d’Economie et Statistique. En exploitant un échantillon de 269 917 élèves de dix grandes écoles entre 1911 et 2015, il montre que les familles nobles restent largement surreprésentées dans les grandes écoles. Si leur chance d’intégrer une grande école était 10 à 15 fois supérieure au début du XXe siècle, elle reste 6 à 7 fois supérieure aujourd’hui.
Aucun régime - monarchique, social-démocrate ou même communiste - ne réussit à établir l’équité durablement. Le constat est le même en Angleterre, au Japon, dans les pays scandinaves, y compris en Chine ! Les héritiers de l’ancienne élite sont encore surreprésentés dans les positions hautes de la société. Même après la révolution de 1949 (cf The Sona also rises, G. Clarck). Bon, alors on baisse les bras ? Jamais ! L’ascenseur social, c’est le moteur de nos démocraties.
Mais tout ça fout quand même le Bourdieu. Euh, le bourdon !
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Mots mots motus
Après le réarmement démographique, le réarmement tout court, voici l’heure du « réarmement narratif » de l’Europe…L’idée ? Faire face à l’écrasant discours des puissances mondiales et des extrêmes qui érige l’Europe en contre-modèle.
Nous faisons face à trois impérialismes s’appuyant sur des récits « civilisationnels » extrêmement structurés et agressifs, qui ciblent une Europe décadente et coupable : nationalisme « défensif » d’une Russie humiliée, encerclée par une Europe dissoute dans la « Gayropa » ; promesse par la Chine d’une fierté retrouvée et d’un monde « désoccidentalisé » avec un élargissement des Brics ; et croisade contre le wokisme et l’immigration d’une Europe en décomposition, menée tambour battant par D. Trump et J. D. Vance.
Ces narratifs sont repris à cœur joie par les extrêmes droites européennes, promptes à dénoncer notre faiblesse et à prôner l’efficacité des régimes autoritaires. Or, selon Allan Deneuville, les pays européens ont atteint un niveau de bien-être inédit (voir notre billet au-dessus). Et notre modèle démocratique, écologique, social et inclusif reste l’une des expériences politiques les plus ambitieuses de l’histoire contemporaine. Il s’agit désormais, selon l’auteur, d’en prendre conscience et d’investir l’ensemble de l’espace public de ce réarmement narratif.
En somme : montrer les crocs, leur filer le seum et tuer le game. Euh non, sortir la plume, dégainer la ritournelle et empaler d’un calembour (notre passion).
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En tant qu’Entreprise à mission, Kéa a décidé de contribuer à sa manière aux grands sujets économiques & sociétaux et propose un décodage inédit.
N°173 du 10.04.2026 :
Rédacteurs en chef : Sophie Combes, Mathieu Noguès Rédacteurs : Pierre Girard, Chloé Secnazi, Jean Gaboriau, Wendy Röltgen Secrétaire de rédaction : Irène Miquel Ont collaboré à ce numéro : Oualid Essaid, Yves Pizay, Marie Guilbart, Carine Lesigne, Paul Puechbroussou, Romain Thievenaz, Yoram Bosc-Haddad, Hugues Menard, Jérémie Viel Directrice de la diffusion :Wendy Röltgen
Kéa, 1er cabinet de conseil français en stratégie et transformation, entreprise à mission depuis 2020