Vivant, beau, fier - Bulletin du 23 janvier
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#162

Semaine du 23 janvier

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Bulletin de L’économie souhaitable

En tant qu'Entreprise à mission, Kéa a décidé de contribuer à sa manière aux grands sujets économiques & sociétaux et propose un décodage inédit.

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Chères lectrices et chers lecteurs,
En
cette semaine où l’Europe et le Canada relèvent la tête, les associés de Kéa se sont mis aux lunettes aviateur… et vous décryptent sans reflet les faits suivants :

Êtes-vous mort ?

La solitude choisie tue aussi en Chine – ou pas (encore). Sileme (« Êtes-vous mort ? ») est l’appli payante la plus téléchargée de l’empire du Milieu. Son principe ? Vérifier que vous êtes vivant et prévenir vos « proches » en l’absence d’une connexion toutes les 48 h.

Si les réseaux sociaux ne manquent pas en Chine, les interactions sociales sont, elles, en fin de vie. Exit le stéréotype de la cellule familiale intergénérationnelle. La politique de l’enfant unique a limité frères, sœurs, cousins et, de fait, les habitudes d’interactions. L’émergence d’une classe moyenne urbaine a éclaté la sphère familiale. La pression sociale ou académique dissuade les millenials de reproduire le schéma d’une enfance vécue dans la compétition permanente. Le modèle de parentalité n’est pas plus enviable. Malgré les incitations du gouvernement (taxer les préservatifs et distribuer des allocs !), les Chinois ne sont pas plus enclins au réarmement démographique que leurs homologues internationaux. Nombre d’entre eux ne voient même pas l’intérêt d’une relation sentimentale.

Le plus déprimant ? L’appli se place 2e des téléchargements aux USA et 4e en Australie : effet de mode (probablement) ou moyen de lutte contre l’isolement (aussi).

Pour vérifier que vous êtes bien vivant, pensez à liker ce bulletin tous les 2 jours.

 
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Sell America

Alors que Donald Trump fait plus que jamais assaut d’amabilités économiques envers l’UE (hmm hmm), la détention par les Européens d’une large part de la gigantesque dette américaine pourrait servir de bouclier en acier trempé.

40 % des obligations d'État américaines détenues en dehors des États-Unis, soit 3 600 milliards de dollars, sont entre les mains d'investisseurs européens. Ce qui donne cette semaine des idées à George Saravelos, le stratège en chef sur le change de la Deutsche Bank : utiliser cette faiblesse structurelle des États-Unis et vendre massivement ces actifs pour se prémunir des pressions croissantes de Washington sur les droits de douane et autres joyeusetés. 

Ce faisant, les États-Unis pourraient se retrouver confrontés à des taux longs qui explosent, avec à la clé des impacts majeurs sur l’économie américaine : renchérissement du crédit, baisse des investissements, affaiblissement de la demande intérieure…

Une mesure de rétorsion pas si facile à mettre en œuvre, car la détention des « Treasuries » en Europe est très éclatée et les acteurs à convaincre sont nombreux. N’empêche, deux grands fonds de pension, danois et suédois, ont déjà commencé à se délester de la dette américaine. Et Scott Bessent, le désormais célèbre secrétaire américain au Trésor, en est tout retourné.

Bienfaipourouat, bully !

 
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CSRD CQFD

Un an après sa mise en application dans la loi française, de grandes entreprises plébiscitent la directive CSRD, qui va jusqu'à séduire les investisseurs… américains ! 

Sa mise en place n’a pas été un long fleuve tranquille : elle a mis sous pression les équipes RSE des grands groupes et les premiers audits ont été tendus. 

Mais alors que les ambitions réglementaires de durabilité étaient accusées de nuire à la compétitivité européenne, ce qui motiva le détricotage en deux actes du Green Deal, voilà qu’EDF, Séché Environnement ou encore Decathlon témoignent au contraire d'un gain de compétitivité, de croissance et même d’attraction d’investisseurs US, attentifs aux risques ESG !

En effet, l’exercice de double matérialité prévu par la directive permet d'identifier les enjeux auxquels l’entreprise contribuera positivement et négativement et de prioriser ceux dont dépend sa pérennité. La démarche implique efficacement Comex et administrateurs, et, bien au-delà du reporting qui focalisa les critiques, remplit son objectif premier : solidifier, voire accélérer la transition écologique et sociale de l'entreprise ! 

Cet article a été audité par nos associés le 22.01.2026.

 
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Agent IA 007

Les 7 magnifiques de l’IA et autres GAFAM nous préparent-ils une apocalypse économique ou un nouvel âge de prospérité ?

C’est ainsi que Jean Pisani-Ferry synthétise le débat sur la bulle IA aux États-Unis entre deux prix Nobel d’économie, Daron Acemoglu et Philippe Aghion. Sur la base d’un même modèle, mais avec des hypothèses « légèrement » différentes sur le rôle de l’IA demain (tâches remplacées, etc.), Daron Acemoglu prévoit un effet sur la productivité de 0,07 % et conseille donc de ne pas investir dans l’IA américaine, car non rentable, même à l’infini (la fameuse bulle). Philippe Aghion, pour sa part, arrive à la conclusion inverse, prévoyant un effet de 0,7 %. Alors, que faire ?

Entre 0,7 et 0,07, Jean Pisani-Ferry nous interpelle sur ce débat crucial pour nos économies européennes, comme l’a déjà démontré la crise des subprimes. Ses recommandations sont simples : ne pas céder à la tentation d’un ROI court-termiste dans la bourse américaine ; réorienter les investissements vers l’IA européenne ; travailler à une union européenne de l’épargne et de l’investissement.

My name is Grok, James Grok

 
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Fiers comme Bar Tabac

À rebours des discours usuels sur l’inexorable déclin et les critiques perpétuelles, la France est fière d’elle. C’est ce que montre un vaste sondage renforcé d’entretiens, du « bien commun » pour Le Grand Continent. Une écrasante majorité de Français, de tous âges et de toutes conditions, sont fiers d’être français : 78 % en sont fiers, dont 37 % très fiers.

Avant le genre ou l’âge, notre nationalité serait la première composante de notre identité. Cette fierté est multiforme. Elle est institutionnelle (protection, éducation, santé), culturelle (histoire, esprit, humour), mais aussi sensible (paysages, gastronomie, chansons, cinéma). Ces éléments partagés alimentent ce « plébiscite de tous les jours » (Ernest Renan) qui consolide la nation et anime la démocratie. La France aime être enviée (les JO !) et souffre quand sa promesse de grandeur est contrariée ou contredite : crise politique, défaut de solidarité, faiblesse internationale… Dans l’entreprise, la fierté est aussi un des moteurs principaux de l’engagement au travail : avoir la conviction intime que son travail compte, et qu’il contribue à une finalité qui mérite de se mobiliser.  

Eh oui, la Pride, c’est aussi pour l’entreprise et la France !

 
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N°162 du 23.01.2026

Rédactrice en chef : Sophie Combes, 
Rédacteurs : Pierre Girard, Yves Pizay, Chloé Secnazi, Wendy Röltgen, Jérémie Viel
Secrétaire de rédaction :  Juliette Daniel
Ont collaboré à ce numéro : Yoram Bosc-Haddad, Oualid Essaid, Jean Gaboriau, Marie Guilbart, Carine Lesigne, Hugues Ménard, Irène Miquel, Mathieu Noguès, Paul Puechbroussou, Romain Thievenaz
Directrice de la diffusion : Iliana Ohleyer

Kéa
Kéa,  3 rue Danton,  France  92240,  France,  Malakoff